Nations Unies : Bilan du Pacte pour l’avenir – Allocution de la Vice-Secrétaire générale de l’ONU
- Details
- Category: Français Internat
- Written by Eager



Je donne maintenant la parole à la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Son Excellence Mme Amina Mohammed. Merci.
Merci, Madame la Présidente, chère Annalena, Excellences, Mesdames et Messieurs, ainsi que nos collègues de la société civile.
Je vous remercie, Madame la Présidente, d’avoir convoqué cette réunion particulièrement importante. Elle s’inscrit dans le prolongement de celle qui s’est tenue plus tôt ce matin, au cours de laquelle nous avons échangé avec nos principales parties prenantes.
Il y a près de deux ans, dans ce bâtiment, les États Membres ont adopté le Pacte pour l’avenir. Aujourd’hui, je souhaiterais vous faire part de mon appréciation de l’état d’avancement des engagements pris, du chemin déjà parcouru par le Pacte et des mesures nécessaires pour aller jusqu’au bout.
Commençons par examiner les conditions dans lesquelles nous avançons. Les pays évoluent dans l’un des contextes géopolitiques les plus complexes de l’histoire récente. Vous êtes confrontés au poids de la dette, aux conflits, aux effets des changements climatiques et à la diminution des ressources consacrées au développement durable, chaque nouveau choc ou chaque nouvelle crise survenant avant même que vous ne vous soyez remis du précédent.
En six ans, nous avons connu une pandémie, une guerre en Europe et, aujourd’hui, la crise dans le détroit d’Ormuz, qui entrave l’approvisionnement en énergie, en denrées alimentaires et en engrais. Dans ce contexte, les objectifs de développement durable restent notre référence, tandis que le Pacte pour l’avenir constitue notre boussole politique. L’initiative ONU80 est le moyen par lequel nous donnons à l’Organisation des Nations Unies les capacités de mieux concrétiser ces deux ambitions.
Alors, où en sommes-nous ? Permettez-moi de vous présenter l’état d’avancement des engagements pris dans le cadre du Pacte.
Commençons par le financement, qui constitue le moyen de mise en œuvre. Les banques multilatérales de développement trouvent des moyens d’accorder davantage de prêts à partir des capitaux dont elles disposent déjà. Cela représente au moins 700 milliards de dollars de capacité de prêt supplémentaire. La Plateforme des emprunteurs est désormais opérationnelle. Le Conseil économique et social organise un nouveau dialogue consacré aux notations de crédit. La réforme des commissions additionnelles du Fonds monétaire international est bien engagée.
En ce qui concerne la mesure des progrès eux-mêmes, le groupe d’experts de haut niveau nommé par le Secrétaire général a présenté, en l’espace d’une seule année, sa proposition visant à aller au-delà du PIB, en prenant conjointement en compte les dimensions économique, sociale et environnementale du développement. Le processus intergouvernemental a commencé à donner suite à cette proposition.
S’agissant de nos institutions, les examens du Conseil économique et social et du Forum politique de haut niveau contribuent à maintenir ces organes adaptés à leurs objectifs. Je remercie les cofacilitateurs, les Représentants permanents de la Barbade et de Malte, pour la manière dont ils ont dirigé ce processus.
En ce qui concerne l’impact au niveau national, sous la direction des coordonnateurs résidents, les équipes de pays des Nations Unies utilisent le Pacte comme un cadre pratique permettant d’aligner les priorités nationales sur les efforts d’accélération de la réalisation des objectifs de développement durable dans plusieurs pays. Les plans-cadres de coopération reflètent désormais les engagements du Pacte en matière de financement, de protection sociale, de transformation numérique et de réforme institutionnelle.
En ce qui concerne les générations futures, les équipes de pays aident les gouvernements à intégrer une vision à long terme dans l’élaboration de leurs politiques, leur apportent une assistance en matière de prospective stratégique et évaluent les législations nationales afin de mieux protéger les intérêts des générations nouvelles et futures.
Dans le domaine de la transformation numérique, l’ONU vient d’achever son tout premier Dialogue mondial sur l’intelligence artificielle. Parallèlement, le Pacte numérique mondial oriente les efforts nationaux visant à développer les infrastructures publiques numériques, à réduire les fractures numériques et à veiller à ce que les nouvelles technologies profitent à toutes et à tous.
Enfin, le dispositif permettant de mettre en œuvre le Pacte pour l’avenir dans les différents pays est désormais en place et opérationnel. C’est ici qu’intervient l’initiative ONU80. Son objectif est simple : permettre à l’Organisation des Nations Unies de mieux vous aider à transformer les engagements en résultats concrets sur le terrain — des résultats visibles, crédibles et adaptés à vos priorités nationales, notamment celles que vous présentez dans vos examens nationaux volontaires.
Dans la pratique, cela suppose un renforcement considérable du rôle de direction des coordonnateurs résidents. Les équipes de pays s’appuient sur l’ensemble des capacités politiques, techniques et opérationnelles du système pour fournir l’expertise dont les pays ont besoin, des capacités de renfort, une meilleure utilisation des données, des compétences en matière de prospective et une expertise spécialisée. Il s’agit également de réduire le chevauchement des mandats, des processus et des présences qui imposent une charge supplémentaire à vos gouvernements.
Tout cela vise à améliorer la mise en œuvre et à mieux vous accompagner dans la réalisation de vos priorités nationales.
Excellences, les gouvernements ne peuvent pas mettre en œuvre ce programme à eux seuls. La bonne nouvelle, c’est qu’ils sont de plus en plus nombreux à choisir de ne pas agir seuls. Dans toutes les régions, davantage de pays ouvrent leurs examens nationaux volontaires à la société civile, aux entreprises, aux autorités locales, au monde universitaire et aux jeunes, intégrant ainsi leurs compétences et leurs expériences dans le processus d’évaluation.
Le tableau qui en ressort est plus complet et beaucoup plus honnête. C’est ainsi que l’appropriation nationale prend racine, que la responsabilité se renforce et que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 devient un effort mobilisant l’ensemble de la société.
Pour conclure, permettez-moi de dire ceci : le Pacte avancera au rythme que vous lui imprimerez. Votre leadership, vos politiques et vos investissements, ainsi que votre volonté de partager les approches qui fonctionnent, détermineront si les engagements pris ici se traduiront par les progrès concrets promis aux populations il y a deux ans.
Lors des tables rondes d’aujourd’hui, je vous invite donc à parler sans réserve. Dites-nous ce qui fonctionne afin que d’autres puissent s’en inspirer. Dites-nous où se trouvent les obstacles afin que nous puissions vous aider à les surmonter. Dites-nous de quel soutien vous avez besoin — et soyez précis. Plus vous serez précis, mieux nous serons en mesure d’agir.
Je me réjouis vivement d’entendre vos points de vue sur le chemin qui nous conduira jusqu’en 2030 et au-delà. Je vous remercie.
Je remercie la Vice-Secrétaire générale d’avoir présenté la situation avec une telle précision — aussi bien l’état actuel de la mise en œuvre que les travaux menés au sein du système des Nations Unies et dans le cadre de la réforme ONU80.